Bonjour les amies, me voici de nouveau avec une histoire qui m'est arrivée, alors que je n'avais que 7/8 ans...

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Ventes des journaux

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      J’entendais souvent Papa et Maman se plaindre du manque d’argent à la maison. Comme je désirais beaucoup les aider, j’eus subitement une idée. Déjà, dans les années 50, le recyclage existait...

 

      Tout au fond de la cave, il y avait un grand tas de journaux. Nouvelle république du centre et Berry républicain.  Il y avait même l’Aurore. Papa et Maman, dès lors qu’ils les avaient lus, s’en servaient pour allumer la cuisinière à feu continu. Mais moi je trouvais qu’il y avait  bien trop de journaux.  Je décidai donc de les vendre au Monsieur qui passait dans les rues pour acheter du papier. J’allais ainsi gagner des francs que je donnerais à Papa et Maman.

      Un jeudi, alors que j’étais seule à la maison, je sortis  une pile de journaux de la cave.  Je restai plantée dehors, pour ne pas manquer l’homme aux papiers. Quand  ce monsieur passa, je lui tendis mes journaux. Il me les acheta. Mais il ne me donna pas beaucoup d’argent. Dix centimes !  Pour sûr il se moquait de moi, celui-là ! Je ne voyais pas l’affaire ainsi. Ce n’était pas parce que je n’avais que huit ans qu’il fallait se payer ma tête. Je décidai donc de l’avoir ! Foi de chipie !

      J’attendis patiemment le jour suivant. Dans la cave, il y avait aussi des morceaux de ferraille, de formes presque plates. Je cherchais à tout prix à rouler le bonhomme. C’est lourd, de la ferraille ! Et si je déposais un petit peu de ferraille entre chaque petite pile de journaux, comme un hachis Parmentier, ça ferait plus lourd. 

      Je tentai l’affaire. Il arriva, le gars du papier. Je m’approchai de lui, pas très rassurée. Il prit la grosse pile de journaux, la pesa, me regarda et, dans un large sourire, me donna vingt centimes ! Je l’avais eu !  J’étais la plus maligne !

       Je sais pertinemment que l’homme avait ressenti le poids de la ferraille, mais il n’avait pas protesté. Depuis ce jour, je l’aimais bien ce monsieur. Mais je n’ai pu aider mon papa et ma maman avec le peu d’argent, alors je suis allée acheter des roudoudous chez la boulangère.

 

      Ah ! Si j’avais pu vendre toutes mes petites bêtises, Papa et Maman n’auraient jamais connu cette misère qui suintait constamment de notre vie familiale

extrait tiré du livre "CHIPIE"

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En fait, j'ai arnaqué , moi aussi, mais que 10centimes de francs...

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BISOUS LES AMIES ET BON MARDI DE PÂQUES..☺