BONJOUR LES CONTONNETTES.

Que celui ou celle qui n'a jamais fait de bêtises d'enfance, me jette la première pierre.

En voilà une autre. Toutes ces petites bêtises de l'enfance sont extraites de mon livre "CHIPIE"... il y en a beaucoup dans mon récit. Aujourd'hui, ne voulant pas toutes les déposer, je m'arrêterai à celle-ci:

"Les petites culottes"

***

Les culottes de Maman

 

     Sur le fil à linge de la voisine, le printemps venu, étaient  étendues de jolies petites culottes en dentelle affriolantes, roses, noires et parfois blanches. Papa et le voisin les regardaient toujours en riant. Je ne savais pas pourquoi. Ils parlaient en sourdine devant les sous-vêtements et se mettaient à rire comme des enfants. J’aurais tant aimé que ma maman étende les mêmes sur son fil, pour faire rire mon papa. Mais non, celles de Maman ne faisaient rire personne. Elles étaient confectionnées dans du gros coton blanc et plus bien  larges que celles de la voisine. Alors  une idée me vint.

     J’avais six ans et j’étais en CP. Je rentrais seule chez moi, après l’école. Dans le grand magasin, dans lequel ma maman faisait parfois ses courses, j’avais vu, au rayon lingerie, des belles petites culottes de dame, comme celles de la voisine. Elles étaient fines et douces au toucher. Il y en avait de toutes les couleurs. J’en avais même reluqué de très belles, avec des fleurs, des pois, et aussi bordées de dentelles noires. C’étaient celles-ci mes préférées. Les noires.

      Ce jour, je sortis de l’école à 17 heures. Le grand magasin se trouvait à huit minutes de mon domicile. Plutôt que d’emprunter le chemin de la maison, je m’engageai dans la ruelle qui menait à Printania. Il y avait beaucoup de clients.  Je suppose que c’était la sortie des usines. J’étais si petite, que mon nez arrivait à peine au-dessus des gondoles.  Le rayon lingerie. Les petites culottes  étaient présentées en vrac. Il y en avait tant, que je ne savais plus où donner de la tête. J’en aperçus deux que j’aurais bien aimé que ma maman étende sur son fil. Une toute noire avec des dentelles et une autre noire, également, avec un liseré rose. Pourquoi hésiter ? Je m’exécutai dans une gaucherie innocente. J’emprisonnai les deux slips dans ma petite main et les déposai dans la poche de ma blouse.

      Je quittai le magasin, sans gêne, heureuse.

      Arrivée à la maison, fière comme un paon, je donnai les culottes à Maman.

      - Mais qu’est-ce que c’est que ça ? Où as-tu pris ça ? S’enquit Maman  d’un ton grave, impatiente de connaitre le pourquoi de ce geste.

       Mon papa :

       -              Ce n’est pas à toi, ça ? dit-il en regardant Maman.

       Moi :

       -       Je les ai trouvées à Printania, pour que Maman les étende sur le fil à linge. C’est pour que Papa rigole en les regardant, comme il rit quand il regarde les culottes de Madame Suzanne avec Monsieur Serge.

        Sur ces belles paroles, Papa baissa le nez sur ses chaussures avant de me donner une fessée carabinée. Maman le regarda, une lueur de colère dans l’œil. Pourquoi ? Qu’avais-je dit de si terrible, encore ?

         Tout ce dont je me souviens, c’est que mon idée ne fut pas très lumineuse.

        Le jour même, Maman rapporta les culottes dans le magasin et m’expliqua qu’il n’était pas bien de prendre des choses sans les payer. Ce geste s’appelle un vol, paraît-il.

       Je compris tout de suite. Plus jamais je n’ai osé voler quoi que ce soit. J’ai aussi constaté que mon papa ne rigolait plus devant les petites culottes de la voisine, avec Monsieur Serge, surtout quand Maman et moi étions présentes.

        Elle aurait bien pu les garder, les culottes, Maman !  La fête des Mères arrivait. De surcroît elle était en deuil de ma grand-mère paternelle. Le noir lui convenait parfaitement.

En ce qui concerne les culottes en coton, je n’en ai portées que jusqu’à l’âge de treize  ans.

       Ensuite j’ai toujours été culottée, mais le "string" minimum…

 

      George Herbert disait :

      -      Qui vole un œuf volera bientôt un bœuf.

       Faux ! J’ai volé deux culottes à six ans, mais jamais de costumes trois-pièces par la suite.

      Et alors ! Le prélèvement des impôts, c’est bien du vol…  légalisé.

Me voici, avec mes parents, mon frère et la voisine! Oui, je perdais toujours mes culottes!

♥♥♥

Passez un bon week les amies

MIMI