booujour les amies, et bon dimanche

La chipie a encore fait des siennes à la noce de sa cousine

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Ma cousine Marie allait enfin dire « oui » à son fiancé. À l’occasion de ce mariage, Maman et Tata avaient osé me déguiser. Oui,  osé ! J’aimais beaucoup ma robe longue, mais pas le chapeau qu’elles m’obligeaient à porter. On aurait pu penser que j’avais une galette sur la tête. Ainsi coiffée, je ressemblais plus à Catherine de Médicis qu’à une petite fille d’honneur.

      La messe de mariage se déroulait en l’église d’Ainay-le-Château et le repas de noces, dans la cour de la ferme. Pour l’occasion, Tata et Tonton avaient fait installer un bal-parquet. Tout autour du parquet, étaient dressées des tables festives et, au centre, se trouvait la piste de danse.  

    Je m’ennuyais à mourir. C’est barbant un mariage pour une enfant de sept ans, surtout habillée sur son trente-et-un dans une cour de ferme. J’étais en colère envers les  adultes depuis le début de ce mariage. J’allais me venger inconsciemment.

      La noce débutait fort. Le repas faisait suite à un apéritif que je n’avais même pas le droit de goûter ! Pourtant, ce soir-là, en catimini, j’ai fini les fonds de verres. Oh, il ne restait pas grand-chose, mais toutefois assez pour apprécier le Kir de Tonton. Ma tête tournait un peu, mais je tenais encore bien debout. Les adultes s’amusaient. Tout le village dansait. Et moi ? Personne ne s’occupait de moi. Alors je suis sortie du bal-parquet, toujours chapeautée comme la Médicis, avec ma robe blanche et ma ceinture de velours noir. Nous étions fin août. 23 heures.  La nuit était encore chaude. Haute dans le ciel, mon amie la Lune jouait les cartes postales. Je m’approchai de la porcherie. La truie avait mis bas voici un mois environ et les porcelets étaient trop mignons. Je voulais les voir. J’ouvris délicatement la porte de la porcherie, pour aller les caresser. La truie m’effraya un peu. Je reculai. Les porcelets commençaient à sortir les uns derrière les autres. Leur mère, la bonne truie, les suivait de près. Voilà tous les habitants de la porcherie étaient maintenant dans la cour de la ferme, heureux de respirer le grand air et grognant à tout va. C’est à ce moment précis que tous les invités sortirent pour danser une joyeuse farandole. Certains, les cousins parisiens, poussaient des cris de frayeur à la vue de tous les porcs dans la cour. D’autres riaient tout en poussant des cris hystériques. C’était la panique à la noce et j’aimais ça.  Mon rire d’enfant partait en écho dans la nuit. Douce folie enfantine. Mon cousin Armand, en tentant de rentrer les saucissons à quatre pattes, s’étala de tout son long dans son beau costume neuf. Je m’étais vengée du chapeau de zozo ! Pendant ce temps-là,  ma cousine Marie et son époux en profitèrent pour s’éclipser. Ils rejoignirent ainsi secrètement leur nid d’amour.

     Tata et Tonton perdirent un temps fou à rassembler toute la cochonnée. La truie  s’approchait du parquet avec ses petits, curieuse comme une fouine affamée.

      Je ne me souviens pas avoir été punie, mais je me rappelle avoir rejoint mon lit avant tout le monde. Le kir faisait son effet et m’endormait, doucement. Mes paupières papillotaient. Mes oreilles étaient chaudes. J’avais trouvé mon paradis…

 

      Et moi qui pensais qu’en allant vers la porcherie je trouverais un petit « groin » tranquille…

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c'étaient les bêtises de mimi enfant

extrait du livre "CHIPIE"

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bon dimanche à toutes